Misère et opulence

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Misère et opulence

Chronique d’austérité globalisée

Sous sa forme actuelle, la monnaie unique est un vecteur de schizophrénie économique, une machine à créer du chômage et des inégalités. Que l’euro – qui n’est décidément plus aujourd’hui le symbole de l’unité européenne – soit donc déconstruit ! Sans doutes les pères fondateurs commirent-ils une très regrettable erreur en choisissant une monnaie – et donc de l’argent ! – comme symbole de l’Union européenne. Remettons de la flexibilité au sein de cette Union, et n’hésitons pas, au passage, à en diluer l’esprit mercantile en relativisant la valeur accordée à l’argent. Car le citoyen européen n’a pas demandé cette dette publique colossale, comme il n’en est pas responsable.

Ce ne sont pas les dépenses sociales qui sont coupables d’avoir creusé nos déficits. Ce sont les sauvetages bancaires d’établissements ayant amassé des fortunes par la grâce de la financiarisation, elle-même destinée à une anesthésier une population européenne dont les revenus étaient inversement proportionnels à la productivité de ses entreprises. Européens : avez-vous vraiment voulu de cette dette ? Êtes-vous seulement conscients que ce débat sur l’austérité n’est que la version moderne de la lutte des classes ?

Préface aimablement rédigée par Romaric Godin, Rédacteur en chef auprès de « La Tribune »

 

 

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Livre paru le 30/12/2014
ISBN :           2343053324
EAN :    978-2343053325

6 commentaires

  1. Je cite : « Car le citoyen européen n’a pas demandé cette dette publique colossale, comme il n’en est pas responsable ».
    Je pense en revanche que les citoyens des démocraties occidentales ont également une part de responsabilité dans les dettes de leurs États, en élisant exclusivement les candidats qui leurs promettent un avenir radieux et sans coupes budgétaires, d’une part, et en pratiquant d’autre part une évasion fiscale systématique, endémique et portant sur des montants estimés colossaux.
    Et merci pour vos articles intéressants.

    1. Oui en effet nous sommes tous responsables collectivement. Cela s’appelle au minimum de la « négligence coupable ».
      Merci de votre contribution.

      1. Entendre répéter “ tous responsables ” de situations économiques techniquement difficiles à appréhender même quand on s’y intéresse, ça devient éprouvant pour les nerfs à la longue.
        Oui, j’ai des vapeurs quand les économistes rejettent la ‘fôte’ sur les politiques et des politiques sur les ‘peuples qui-les-ont-élus’.
        On voit bien que les électeurs n’arrêtent pas depuis des décennies d’errer en peine, un coup d’un côté un coup de l’autre, entre des programmes de politiques publiques ( ‘électoralistes-et-même-j’ose-dire-populistes’ ) et des explications économiques souvent contradictoires ( ‘la-théorie-dit-que’ ). Ce sera toujours trop facile d’imputer plus les déficits aux forcément mauvais gouvernements, quels qu’ils soient bien sûr ( ‘de goche comme de drate’ ), et à leurs électeurs ou même aux démocraties tant qu’on y est, plutôt qu’aux déraillements de mécanismes économiques mal appréhendés.
        D’autant plus que l’exercice a un gros parfum de post-justification « libérale » simpliste ( ‘je-vous-l’avais-bien-dit’ ) du genre : donnez plus de libertés tous azimuts aux entreprises privées et dégommez les charges des programmes sociaux, le salarié-consommateur doit gagner en responsabilité sur un budget familial étendu ( plus de charges, moins de revenus ) et foin des services publics, tout effort collectif qui n’est pas d’entreprise est une hérésie économique de type mutuel ou même pire solidaire, tout le pouvoir aux marchés, e tutti quanti…
        A quand une vraie réflexion sur l’équilibre privé / public, sans le réduire ni aux redécoupages schématiques des fonctions régaliennes de l’État ( ‘le-fonctionnaire-inutile-qui-pompe-du-budget’ ), ni à la tarte à la crème du contrôle démocratique, ni aux sirènes rancies de la liberté d’entreprendre tout et n’importe comment ; une réflexion qui, après les théories et les convictions, prenne en compte les dynamiques historiques, surtout les plus longues, celles des cultures, des savoir-faire, des investissements et des techniques ?
        Voilà de l’économie utile …

        1. en attendant, il faut dénoncer, expliquer et analyser. Votre lassitude se comprend mais souvenez-vous que nous vivons sous la coupe néolibérale.

  2. Vos articles sont toujours stimulants…
    Permettez-moi de poursuivre… D’un point de vue… métahistorique.
    ***
    Misère et opulence : le travail n’est-il que servitude ?
    1. La servitude définit un état de dépendance totale, sous l’effet d’une contrainte matérielle et / ou morale.
    L’asservissement, l’assujettissement, l’esclavage, l’ilotisme… autant d’expressions de l’obéissance forcée de quiconque, « taillable et corvéable à merci », doit soumettre sa volonté à un tiers afin d’assurer son existence… et la sienne propre.
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    2. L’homme, comme tout autre être vivant, est domestique de la vie…
    Il subit les contraintes du corps et du milieu naturel.
    Mais il doit également se plier aux conditions matérielles, sociales et historiques de l’exploitation de la Terre.
    Et cette servitude -indexée à la satisfaction des besoins et à la discipline de la division technique et sociale du travail-, se perpétue de génération en génération, au sein de rapports de production qui en définissent les modalités concrètes ( cf Karl Marx, Capital et Théories de la Plus-value ).
    La mort seule, ou quelque catastrophe, met fin au processus ; processus que la procréation -dans l’ inconscience de ses conséquences-, ingénument, perpétue ( cf Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et représentation ).
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    3. Stress, pénibilité, urgence, dépendance aux nouvelles technologies, flexibilité, disponibilité, précarité, harcèlement relationnel… on ne compte plus les effets délétères de la condition postmoderne du travail qui démentent cruellement les perpectives idylliques d’un Jean Fourastié au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.
    Le passage de la civilisation industrielle à une société de services -où la relation à autrui se substituerait à la relation aux choses et aux objets-, devait signifier l’amélioration définitive de l’existence du travailleur…
    Perspectives largement partagées et relayées par le conformisme de certains milieux économiques et universitaires…
    Mais démenties par les faits…
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    4. La recherche du profit maximum pour mieux satisfaire les exigences du Marché devenu idole, l’optimisation des ressources humaines , les nouvelles techniques de gestion, l’informatisation, la rationalisation et la surveillance des postes de travail semblent plutôt constituer pour beaucoup de serfs salariés à la rémunération dérisoire -les « collaborateurs »-, un néo-stakhanovisme, un nouvel enfer…

    Productivité, Rentabilité, Solvabilité sont les enfants légitimes de l’ Economie de marché , terme euphémisé ( cf J.F. Galbraith, Les mensonges de l’économie, 2005 ) pour une exploitation planétaire débridée et vraisemblablement pérenne…
    Loin d’être abolie par les sciences de la gestion et par la vertu de l’économie politique, la servitude a seulement changé de visage.
    Elle est devenue plus… rationnelle.
    Et la « gouvernance d’entreprise », nouveau despotisme célébré par la plupart des éditorialistes, règne sans partage sur des sociétés civiles marchandes aux mains d’oligarchies de financiers, de managers, de conseils d’administration, de mafias et de quelques  » Nobels « … dont la fonction est de donner une caution  » scientifique  » et morale à un processus dont on ne voit pas qu’il soit à la veille de s’interrompre…
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    Il est vrai toutefois que certains puisent dans cette condition une  » raison de vivre  » et que la bête de labeur ( cf Heidegger, L’essence de la Technique ) dispose désormais de loisirs et de droits pour… indéfiniment reconstituer sa force de travail… et sa servitude…
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